L'enfant prodige et prodigue de l'orgue jazz enregistre avec Kenny Clarke à la batterie et le (trop) discret René Thomas à la guitare. Tour à tour soliste et soutien efficace de l'autre, Eddy Louiss et René Thomas tissent une toile remplie de champs sonores sur lesquels rebondissent à merveille les audaces bebop de Kenny Clarke. Exposition de thèmes délicats à manier mais où la parfaite maîtrise du clavier et le chant fluidifié d'Eddy Louiss excellent. Les reprises de René Thomas à la guitare arrivent comme un repos distillé par les notes cristallines. Leur plainte délicate s'inscrit aux endroits où l'orgue tapisse son accompagnement velouté. L'extraordinaire possibilité de l'instrument et la tessiture soigneusement explorée par Eddy Louiss, comme sur "Hot House", font de cet enregistrement un régal pour qui n'est pas habitué aux lancinantes figures de l'orgue. A la fois instrument de fond et intervenant diabolique dans ses chorus jamais répétés, l'orgue se conjugue ici parfaitement avec la guitare dont le prolongement des phrases constitue une invitation au solo réinventé et jamais lassant. Un disque passé inaperçu lors de sa sortie à la fin des années 60 qu'il faut redécouvrir pour s'apercevoir de son actualité. --Jean-Michel Schlosser Source : Un Essentiel amazon.frCERTAINS ÉLÉMENTS DE CONTENU APPARAISSANT SUR CE SITE VIENNENT DE AMAZON EU S.à.r.l. CE CONTENU EST FOURNI« TEL QUEL » ET PEUT À TOUT MOMENT FAIRE L'OBJET DE MODIFICATIONS OU DE RETRAITS.